vendredi 6 septembre 2013

Equateur : l'opposition contre la sanction d'injures sur les réseaux ... - Notre Temps


L'opposition équatorienne a vivement critiqué le projet du président socialiste Rafael Correa d'étendre aux réseaux sociaux la loi sanctionnant les injures dans les médias, y voyant une tentative d'intimidation de la part du pouvoir.


Un projet est actuellement en cours d'examen par une commission parlementaire afin d'étudier la possibilité d'inscrire ce principe dans le Code pénal, qui prévoit des peines allant de six mois à deux ans de prison pour injures ou diffamations dans la presse.


"Outre que c'est impraticable, le but recherché est de terroriser les personnes qui affichent une posture critique dans les réseaux sociaux", a déclaré à l'AFP Cesar Monje, président du mouvement conservateur Creo ("Je crois"), principal parti de l'opposition.


Selon le responsable politique, il n'existe aucune procédure fiable permettant de contrôler les propos injurieux sur les sites comme Twitter ou Facebook et le véritable objectif du pouvoir est caché.


"Le moindre espace de liberté d'opinion préoccupe le gouvernement. Tout le monde sait qu'Internet échappe au contrôle des autorités. Donc, l'idée est de susciter la peur, ce en quoi le gouvernement a bien réussi jusqu'ici", a-t-il dénoncé.


Cette polémique survient dans un climat tendu, après l'adoption d'une loi controversée sur la communication, à l'initiative de M. Correa, un dirigeant en conflit ouvert avec la presse privée qu'il accuse régulièrement de vouloir le déstabiliser.


Le chef de l'Etat, qui dispose de la majorité au Parlement, a poursuivi à plusieurs reprises des journalistes et des médias pour injure.


La loi sur la communication, qui réduit la part des fréquences audiovisuelles octroyées aux médias privés jusque-là en position dominante et instaure un conseil de régulations pouvant sanctionner les médias, est considéré par ses détracteurs comme une volonté déguisée de censure.


Un recours pour inconstitutionnalité a été déposée contre ce texte par un groupe de journalistes.







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