mardi 10 septembre 2013

Sur les réseaux sociaux, un Marcquois visé par des contenus ciblant ... - La Voix du Nord

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Jean (*), âgé d’une quarantaine d’années, habite Marcq-en-Barœul. Au mois d’avril, il a découvert qu’un profil Facebook avait été créé à son nom, comportant des contenus injurieux ayant trait à son homosexualité. Si la page a été fermée, depuis, un compte Twitter a été créé, avec des photos tout aussi compromettantes. Jean cherche à savoir qui lui en veut à ce point. Il n’a pas (encore ?) été possible de remonter le fil jusqu’à l’auteur(e) de ces contenus.


 Après une page Facebook à son nom, c’est un faux compte Twitter qui a été créé : « Quelle sera la prochaine étape ? » VDNPQRAprès une page Facebook à son nom, c’est un faux compte Twitter qui a été créé : « Quelle sera la prochaine étape ? »



Jean a « toujours été opposé aux réseaux sociaux ». La mésaventure qu’il connaît depuis quelques mois ne va pas l’inciter à changer d’avis. Pourtant, au printemps, il avait consenti à faire un pas : sollicité par des amis, il se laisse convaincre et décide de créer son propre profil Facebook. Avant de se lancer, il tape son nom dans le moteur de recherche afin de s’assurer qu’un homonyme n’a pas déjà créé une page. Et là, surprise : « Je découvre qu’il en existe déjà une à mon nom ! » Il n’a aucun doute : il ne s’agit pas d’un homonyme, c’est bien lui qui est visé. La personne qui se cache derrière ce faux profil a « liké », pour reprendre la terminologie du site (marqué sa préférence), des dizaines de pages en rapport avec des sites, des chanteurs ou des films gays.


Et elle a surtout laissé un message peu amène, c’est le moins qu’on puisse dire, au sujet de pratiques sexuelles. Un message visible par tous les utilisateurs du réseau social. Jean en a d’ailleurs fait l’amère expérience : « Des collègues avaient vu cette page et le message. Ils étaient étonnés, surtout venant de moi, mais ils n’avaient pas osé m’en parler. » Ça, il l’a appris après avoir averti sa hiérarchie : « J’ai été obligé de leur dire que ce n’était pas moi qui était l’auteur de ce profil. Je vous laisse imaginer mon embarras… Ma hiérarchie a très bien réagi, confie celui qui travaille pour une grande entreprise. Heureusement que j’avais déjà fait mon coming-out il y a quelques années auprès de ma famille et au travail. Vous imaginez si ça arrivait à une personne qui n’en avait pas encore parlé ? Ce serait épouvantable ! »


Peut-être d’un cybercafé


Immédiatement, Jean alerte la firme américaine et réclame la fermeture de ce profil qui usurpe son identité : Facebook s’exécutera dans les deux mois. Le moteur de recherche Google, pour sa part, supprime le lien qui renvoie vers le profil en trois jours. Jean décide également de porter plainte contre X pour « usurpation de l’identité d’un tiers ou usage de données permettant de l’identifier en vue de troubler sa tranquillité ou celle d’autrui ou de porter atteinte à son honneur ou à sa considération ». Une plainte qui a été classée en juillet par le procureur de Lille. « Il est possible que n’ayons pas pu remonter jusqu’à l’auteur de ces propos, nous a-t-on fait savoir hier au parquet. Si cette personne a, par exemple, réalisé ce profil d’un cybercafé, il est impossible de nous appuyer sur l’adresse ip » qui permet de localiser l’ordinateur utilisé.


Jean a toutefois décidé de faire appel, en adressant un courrier au procureur général près la cour d’appel de Douai. « Ce qui m’intéresse, c’est de savoir qui est derrière tout ça, insiste Jean, sinon, je vais devenir parano. À la moindre réflexion désagréable ou déplacée d’un proche ou d’un collègue, je me dis que c’est peut-être lui ou elle. Ce n’est plus possible ! Est-ce une vengeance ? De la jalousie ? »


Après la fermeture de la page par Facebook, Jean pensait en avoir terminé avec cette histoire. Mais cet été, il a eu la désagréable surprise de découvrir qu’un compte Twitter avait été ouvert à son nom. Avec, notamment, pour illustration, des photos d’hommes nus dans des positions suggestives. « Quelle sera la prochaine étape ?, tonne-t-il. Je ne savais pas qu’on pouvait, en toute liberté, usurper l’identité de quelqu’un et le salir en toute impunité ! »


(*) Le prénom a été modifié.



Aux yeux du justiciable lambda, les propos laissés sur le profil Facebook de Jean pourraient être qualifiés d’homophobes. D’après SOS Homophobie, cela désigne « les manifestations de mépris, rejet, et haine envers des personnes, des pratiques ou des représentations homosexuelles ou supposées l’être ». Juridiquement, lesdits propos tombent sous le coup de l’injure publique et de l’usurpation d’identité. Pour les qualifier d’homophobes, il faut que l’intention de l’auteur(e) soit clairement établie.








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